Une Europe sans les peuples dans un monde qui nous remplace

 




L’Union européenne se gargarise toujours en expliquant qu’elle est la première ou deuxième puissance commerciale au monde, une puissance économique de premier ordre. Que sa masse humaine en fait l’un des plus grand marché etc. Les dirigeants des pays qui la composent eux aussi expliquent depuis des décennies que l’union fait la force, que l’union garantit la paix et que cela assurera la croissance et la prospérité à tous ses peuples.

En 2005, le peuple français à dit non à ce monde idyllique conscient peut-être que ce rêve n’était pas le sien. Mais les élites ont de nouveau trouvé la parade en passant par le parlement et la logique du droit. Ce droit et l’argument consistant à dire que les peuples peuvent se tromper ont justifié le fait de passer outre la volonté de ce même peuple. Suivant la même logique, on a aujourd’hui droit à l’antienne de la montée des régimes fascistes dans les années 30. Tout cela pour faire oublier que les élites se trompent aussi.

Au nom du droit et de la norme, on a transformé les pays européens entraînant un désarmement moral, technologique, patriotique, et financier. États puissants et souverains, les pays européens se sont vu répondre que la grandeur était nationaliste et dangereuse, que cela menait à la guerre et au désastre. Les peuples se sont soumis par confiance et par obligation aux nouveaux systèmes . Les dirigeants européens ont rêvé faire ce que la guerre n’était pas parvenu à accomplir, c’est-à-dire, construire un empire. On les a convaincus que seuls et souverains, leurs pays étaient devenus trop petits de toute manière. Seul l’Union de l’Europe pourrait faire la force.

De gré ou par adhésion, les dirigeants européens se sont accordés pour essayer de faire ce que les peuples avaient refusé, à savoir l’union.

Si le rêve est beau, il pâtit d’une faiblesse initiale : la culture propres à chaque peuple. Alors on a réécrit l’histoire des peuples : on imposa des normes et des rites d’ailleurs, on expliqua que les cultures n’avaient jamais existé, que l’homme était nouveau, hors sol, multiculturel, sans origine, sans attache et que tout le monde pouvait s’agglomérer à cette nouvelle société. L’Europe est ainsi devenue un continent monde sans limite et sans frontière. Captant tous les courants de pensées et toutes les influences, l’Union Européenne s’est forgée dans l’union des économies et des hommes.

Sauf que cela n’a pas fait de l’UE une puissance.

Profitant de la « Pax America » mondiale suite à la chute du communisme, les états se sont désarmés physiquement et moralement. Les armées devenues des forces de police internationales ont perdu leur âme et leur raison d’être dans de multiples missions à travers le monde. Les élites convaincues de leur propre dogme affrontèrent des dirigeants d’autres peuples qui n’avaient pas envie de se soumettre aux idéaux mondialistes de l’UE. Les élites européennes, méprisant les sentiments nationaux et les cultures, pensaient à tord que tous les hommes du monde désiraient la même chose ; de l’argent, une terre, un travail, une éducation, la santé.

Sauf que l’Homme, plus complexe, a besoin d’autres inspirations pour donner un sens à son existence. C’est cette volonté de sens qui fait avancer l’Homme. Quand ces volontés individuelles s’unissent dans le peuple et la nation, elles permettent de faire de grandes choses, d’écrire l’Histoire. C’est ce qui faisait la force des peuples européens et c’est ce qu’ils ont aujourd’hui perdu.

Le monde, lui, a continuer d’avancer. Des dirigeants ont su unir leurs peuples dans de grands projets et ont construit patiemment de nouveaux outils de puissance. Exploitant les faiblesses occidentales, les nouveaux « maîtres » des cartes avancent grappillant lentement ce qui faisait notre puissance.

En premier lieu, ils exploitent les sources de matières premières. Avec la mondialisation, ils ont pu enclencher une révolution industrielle qui leur permet aujourd’hui de voir la richesse par habitant augmenter. Grâce à eux, les pays européens ont d’abord gagné de l’argent mais voilà, celui-ci est en train de partir dans des dettes nationales de plus en plus hors de contrôle. Le fait est que beaucoup de pays hors zone Europe ont vu leur niveau de vie s’élever alors que celui de l’Europe de l’Ouest a stagné. C’est le cas en particulier de la France.

Les guerres en Ukraine et en Iran ont cassé l’ultime mythe que se racontaient les occidentaux, celle de la supériorité technologique et militaire. L’Europe et l’occident en général n’ont pas été capables de faire basculer, malgré tous leurs efforts, la situation en leur faveur. La guerre en Ukraine, malgré les victoires sur le terrain des Ukrainiens, risque fort à la fin de tourner à l’avantage des Russes qui auront su tenir le plus longtemps.

Les Iraniens ont subit les pires bombardements mais leur résilience, en parti due à une bonne anticipation des dangers, leur permet aujourd’hui de faire pression sur les États-Unis et les alliés de ceux-ci au Moyen-Orient. Le pays devient de fait, non seulement une puissance régionale de premier ordre, mais aussi un interlocuteur obligatoire pour la résolution du conflit.

La Chine est, elle, en retrait de ces bascules de puissances régionales. Sans combattre, elle prend une part toujours plus importante de l’économie mondiale, mais aussi de la conquête spatiale, de l’information et des commerces en lignes. Par cela, elle devient essentielle pour de nombreux partenaires dont les pays européens.


La crise du pétrole.


Symptôme de notre infériorité, la dépendance croissante aux hydrocarbures venus de l’étranger lointain nous fait subit un prix du marché devenu excessif. N’achetant plus de pétrole russe, nous nous sommes devenus dépendants du pétrole du Golfe. La guerre contre l’Iran et la montée des Houthis a ensuite entraîné une dépendance au produits pétroliers américains. Et ceux-ci nous ont imposé de libérer nos stocks stratégiques pour réduire les coûts du marché. Une fois ces stocks vides, que restera-t-il à l’Europe pour survivre ? Il y aura de fait une dépendance encore plus forte envers les États-Unis qui pourront encore plus faire ce qui leur plaît de nous. Cela pourrait concourir à casser l’isolement russe des pays européens qui verraient d’un bon œil le retour des hydrocarbures russes. Mais quid du soutien indéfectible à l’Ukraine ? La real politik pourrait de nouveau frapper avec comme victime collatérale le soutien à l’Ukraine. Cela décrédibiliserait encore un peu la parole européenne. La volonté de faire la guerre risquerait également de prendre un coup. La désunion se fait de plus en forte au sein de l’Union pour la marche à suivre face à la Russie. La volonté de sortir de ce piège en envoyant des troupes en Arabie Saoudite suffira t-elle à résoudre ce problème ? Même cette décision n’est, pour l’instant, pas suivie des faits. La difficulté des états membres à envoyer des forces aussi loin se fait sentir. La spirale du non investissement militaire que l’on doit rattraper fait pression sur les économies déjà en difficulté. La crise pétrolière et la guerre en Ukraine l’amplifient.

Il faut aussi espérer qu’il n’y ait pas de nouvelle crise dans les mois qui viennent. La reprise du conflit entre Iraniens et Américains risque de nous enfoncer encore plus.

Or, l’Union, pour l’instant, n’apporte pas de solution. Elle subit les événements expliquant que plus d’Europe résoudrait le problème. Symptôme d’une machine qui s’emballe, l’Union exige toujours plus de contribution financière de ses membres et plus de responsabilités au moment même ou l’argent manque aux états. La volonté des institutions européennes de faire doublon, voire d’effacement des prérogatives nationales, inquiète les peuples. En effet, comment faire accepter à ceux-ci que dans un monde qui devait être fait de paix et de croissance, ils vivent avec une croissance nulle et le risque de guerre. Acceptable quand il y a de la croissance, quand celle-ci n’est pas au rendez-vous et que la part de bénéfice de chacun devient plus faible, l’immigration massive, voulue par les élites, devient contestable

Venues en nombre, certaines communautés ont également importé leur propre culture au moment même où celles des peuples locaux étaient remises en cause. Cela provoque une crispation que ne comprennent pas les élites qui persistent à croire que les hommes sont tous « hors sol ».

Déjà, certains pays européens hésitent à jouer le jeu la cohésion et commencent à faire cavalier seul. Les intérêt nationaux sont en train de ressurgir, exacerbés par un multiculturalisme imposé et non choisi. Les menaces culturelles, économiques et militaires cumulées à un manque de confiance envers des dirigeants qui ne montrent plus d’intérêt pour leur peuple entraînent exactement l’effet inverse de celui recherché.

Incapables de tenir ses promesses originelles, l’Union européenne et les dirigeants qui continuent à y croire dur comme fer nous mènent vers un monde dont ils ne maîtrisent pas les clés et sans dessein sur lequel les peuples pourraient s’appuyer. Ainsi, l’Union européenne est en train de faire disparaître l’Europe de l’avenir du monde. Elle devient « l’homme malade » du monde se cherchant encore et toujours. Incapable de voir ce qu’elle est vraiment, c’est- à-dire un bloc fait de nations, elle court après une chimère fédéraliste qui ne promet que davantage de soumission à un pouvoir central toujours plus lointain des intérêts des peuples nationaux.

Syndrome des mêmes symptômes impérialistes, les peuples européens ont bien souvent connu des « maîtres » qui ont voulu les faire disparaître. Les empires les avaient écrasé à la guerre mais toujours, existait en eux la volonté d’exister. Aux yeux de beaucoup, l’Union européenne n’est qu’un « maître » de plus. Cela est d’ailleurs particulièrement vrai pour les peuples d’Europe de l’Est qui n’ont pas oublié ce qu’ils ont dû subir du régime totalitaire de l’empire soviétique.

Mais la question qui se pose ici est : « Voulons nous disparaître ? ». Des centaines d’années d’existence nous ont appris que rien n’est écrit. N’en déplaise aux progressistes, nous venons bien de quelque part et cela doit nous permettre de savoir où nous voulons aller. Comme l’obus part de quelques part (un canon, en général) pour atteindre un objectif. C’est la position de départ qui nous donne le cap à suivre. Nous pouvons nous croiser, même être ralentis par des vents contraires mais, comme un obus, chaque peuple a sa propre trajectoire. Aucun obus n’apparaît soudainement. A l’instar de l’obus, chaque peuple a un point de départ, une origine. Les peuples s’accordent ou sont rivaux, voire ennemis. S‘ils trouvent des intérêts communs, ils y travaillent ensemble à travers des accords ou des partenariats. Ainsi sont les peuples. 

Il ne suffit pas d’écrire qu’il y a un peuple européen pour que cela existe. Les trajectoires des peuples constituant les états européens sont encore trop divergentes. Peut être qu’un jour, cela sera rendu possible, mais il faudra encore beaucoup de tempêtes pour que cela ce fasse.

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