La guerre de l’argent

 


La guerre en Ukraine se poursuit aujourd’hui avec son lot de destructions et de pertes. Si l’on a beaucoup polémiqué sur la raison de la guerre, se pourrait-il qu’elle dure non pas pour des raisons militaires mais pour une autre raison, l’argent.

Dans cette guerre, il y a quelques mystères. Le premier est ce qui c’est réellement passé fin mars 2022 à Istanbul. Les Russes et les Ukrainiens négociaient une fin au conflit mais les Anglais auraient fait pression sur les Ukrainiens, en leur faisant la promesse d’une aide sans faille, pour qu’ils poursuivent le combat.

Mais alors pourquoi les Russes ont-ils arrêté leur invasion ? Les cartes de l’époque montrent des attaques multidirectionnelles sur le point de réussir et puis, tout à coup, tout ce petit monde s’est replié dans le Donbass. Pourquoi se replier ? Les pro Ukrainiens ont expliqué le problème des pertes et de la contre-attaque ukrainienne mais en réalité, si les Russes insistaient, ils auraient pu mettre l’armée ukrainienne en grande difficulté. L’armée qui attaquait au Nord de Kherson aurait pris liaison avec l’armée du Nord. D’autres manœuvres étaient envisageables. Mais non, les Russes ont choisi de se replier. On ne peut s’empêcher de se demander s’il y a eu un accord préalable qui prévoyait que les Russes arrêtent leur invasion et en se repliant, ils auraient donc respecté leur part du marché. Il faut rappeler qu’à ce moment là les Ukrainiens avaient déjà des drones, mais rien à voir avec ce qui viendra plus tard.

Prenons le cas où les Russes avaient eu trop de pertes, pourquoi ne pas avoir mobilisé comme ils le feront quelques mois plus tard lors des vraies contre-attaques ukrainiennes ? Et depuis 4 ans, alors que l’Ukraine mobilise l’ensemble de son peuple pour sa défense, en Russie, ils sont toujours dans l’opération « spéciale ». Ne pas appeler une guerre une « guerre » est quand même étrange. Surtout qu’il n’y a aucun doute sur le comportement des uns et des autres.

Pour certains blogueurs, la vraie raison est ailleurs. Elle n’est pas militaire, ni sociétale, ni économique, mais elle serait politique. L’ennemi de la fin de cette guerre se trouverait ailleurs. Elle serait liée à ce qui fait marcher les élites : l’argent.


Si la corruption est un fait dans les deux pays, ce n’est pas au niveau des avoirs territoriaux qu’il faut chercher. La guerre coûte cher et à des conséquences sur l’ensemble du pays, en Ukraine comme en Russie. Plus elle dure, plus elle handicape l’économie. Il faut ensuite payer pour réparer et là aussi ; les sommes sont astronomiques.

Le problème est l’argent, mais à l’extérieur. Les « amis » du pouvoir russe ont été surpris de voir les avoirs russes gelés. Plus de 160 milliards de dollars, c’est une belle somme. Elle correspond souvent aux investissements des oligarques en occident. Et ces messieurs tournent autour du pouvoir et ne voudraient pas voir leur argent disparaître. Au début de la guerre, ces élites ont cru en la victoire de leur ami Poutine et se sont retrouvé coincés par les mesures occidentales.

Il y avait aussi, dans le cercle du pouvoir politique, des adeptes des liens économiques Est/Ouest, persuadés que les occidentaux ne pourraient pas se passer du gaz russe. C’était en particulier le cas de l’Allemagne qui le paie cher aujourd’hui. C’était comme si le pouvoir russe avait fait un déni de responsabilité dans ses actions. Il pensait que rien ne changerait.

Puis il y a eu les autres sanctions anti-russes et les aides massives en armement pour l’Ukraine. En été 2022, le pouvoir russe semblait en déprime et en baisse de d’influence et certains chefs d’état de l’ex URSS ont montré du mépris envers Poutine. La contre-offensive ukrainienne finit de plonger le pouvoir dans la dépression et obligea à la mobilisation.

Entre 2023 et 2025, le déni s’est poursuivi car le pouvoir s’enferma alors dans une dialectique. Celle de « l’opération spéciale ». Ce n’était pas une guerre, malgré l’invasion à Koursk, malgré les bombardement dans tout le pays, non ce n’était pas une guerre. Alors les Ukrainiens aidés par les occidentaux allèrent toujours plus loin. Ils passèrent toutes les lignes rouges sans réaction plus forte du pouvoir russe. Les observateurs l’expliquèrent par le fait que l’armée russe était déjà à genoux et ne pouvait plus rien faire. C’était peut-être vrai mais il restait aux Russes un argument de poids, l’arme nucléaire. Une démonstration sans conséquence (même un tir d’essai réel dans les espaces vides à l’Est de l’Oural) aurait fait son petit effet. Non rien, il n’y eut aucune réaction.

Pourquoi ? Pourquoi avoir accepté le bras de fer dans une guerre longue contre les nations les plus puissantes d’occident ? Les Russes avaient-ils un autre choix ? Une mobilisation et une vraie déclaration de guerre leur aurait permis de submerger l’Ukraine dés 2022 ou 2023. Cependant, il y avait peut-être en réalité la volonté de ne pas insulter l’avenir et se priver de la possibilité d’échanges économiques futurs.

En 2025, et 2026, les rencontres avec le président Trump ont fait miroiter une sortie de ce conflit par le haut. La promesse de grands accords économiques entre la Russie et les États-Unis résolvait en partie le problème de l’argent. Les Américains profitaient des richesses de l’Ukraine pendant qu’à travers les accords avec les Russes, ils récupéraient aussi celles du Donbass.

Mais c’est ici qu’intervinrent les Européens. Eux aussi avaient investi beaucoup d’argents (plus de 180 milliards de dollars) et ils comptaient eux aussi se faire rembourser. Selon eux, les Russes devaient payer. Quelque soit la situation sur le terrain, les Européens ont trop investi pour faire un crédit d’une telle somme sans un retour sur investissement. Les dirigeants sont en plus obligés de faire adhérer leurs peuples au sacrifice au moment où les difficultés économiques s’accumulent. Les dirigeants européens ici ne jouent pas seulement l’avenir de l’Ukraine, mais également l’avenir politique de l’Union européenne.

En effet, si les Ukrainiens perdent et Poutine gagne, il n’y aura personne pour rembourser les sommes investies par les états européens et cela leur sera reproché. D’où une raison de plus à poursuivre la guerre.

Pour les Russes, y aura-il un retour en arrière ? Ils semblent que les ponts soient coupés pour longtemps. Ils risquent fort de dirent adieu à leurs avoirs en Europe, ce qui serait techniquement un vol...mais les fractures du monde sont en train de ressurgir et la mondialisation heureuse est, à mon sens, définitivement finie.

Alors, qu’est ce qui retient encore les Russes d’aller plus loin et frapper plus fort ? Quatre ans après le début du conflit, les Russes se décident à couper les ressources ukrainiennes en détruisant les ports d’ Odessa. Pourquoi maintenant et pas avant ? Même les Russes ne le savent sans doute pas !

S’agissait-il de naïveté ? D’espoirs mal placés ou d’une méconnaissance de chacun des intervenants ?

Poutine ne veut pas l’escalade et, contre vents et marées, il continue sa guerre d’usure que l’occident ne semble pas mécontent de mener également. Pariant sur l’usure de l’ennemi, Poutine parie t-il encore sur un retournement électoral qui lui serait favorable en Angleterre, en Allemagne et en France pour s’assurer la victoire ? Cela serait fort hasardeux ! Croit-il en son armée et aux comptes-rendus qui lui sont faits sur l’état du front ? Même les Russes n’y croient pas.

Mais alors où se situe la vérité ? Quel est le plan ? Comment sortir de cette guerre ? Les dirigeants au Kremlin ne semblent pas montrer, même à leur peuple, un chemin clair.

Et si la victoire venait de l’occident et de l’Ukraine. Et oui, rien n’est impossible. Ce dont on peut être sûr, c’est que la technologie seule ne suffira pas à assurer la victoire, il faudra autre chose pour faire basculer la situation. Peut-être de l’argent ?

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