Clap de fin pour le MGCS

 


Voilà, ce que j’annonçais depuis des années est arrivé : la fin du programme MGCS. Cela était annoncé dès la création de ce programme. J’ai déjà écris longuement sur le sujet, donc je n’y reviendrai. Après le SCAF, c’est encore un échec de cette collaboration franco-allemande mais aussi européenne.


La réalité, est que ces programmes avaient été mal préparés. Les partenaires impliqués étaient dans des configurations économiques et militaires différentes. Au début du projet MGCS, l’Allemagne commençait à s’inquiéter de la montée en puissance russe mais ne croyait qu’en l’Alliance Atlantique. La première présidence Trump avait fait douter de la solidité de l’OTAN ou du moins du soutien automatique de l’Amérique. Du côté français, le nouveau président voyait ces programmes comme la continuité de la construction européenne et de sa fédéralisation.

Militairement et financièrement, la position était déjà contrainte par un budget trop bas par rapport aux ambitions du programme, le choix d’une coopération était une nécessité avec, en idée de fond, la constitution de grands groupes de défense européens et non plus nationaux.

La réalité est venu rappeler que ces programmes étaient sous cette forme, irréalistes. Les intérêts industriels et nationaux ont plombé pendant des années cette coopération. Cela était prévisible car les peuples comme les états ont chacun leur culture et leur manière de voir les choses. La croyance en une vision européenne ne pouvait être réaliste que si la coopération préservait les intérêts nationaux. Le CAPINT par exemple, pourrait être une solution intermédiaire si les Allemands ne nous font pas ce qu’ils font à chaque fois : la défense des intérêts allemands (interdiction de vente d’armes ou d’équipements à certains pays qui sont souvent nos principaux acheteurs.)

Les nationalismes tant décriés par le président sont toujours vivants en Europe et cela encore pour très longtemps. Après la chute du Mur de Berlin, l’Europe a vécu une période historique de paix et de prospérité qui a fait croire à la fin du tragique. Tant que la guerre était loin, l’Europe se représentait le monde comme un lieu de coopération et de prospérité avec cette mondialisation « heureuse ». Mais voilà, ce temps semble révolu. Les élites européennes montrent leur déconnexion par rapport à la réalité des pays qu’elles dirigent. Au lieu de créer les conditions de l’unité, la montée en puissance du discours guerrier de l’Union Européenne rappelle aux peuples que la promesse de paix et de prospérité de celle-ci était fausse. Le manque d’intérêt et de prise en compte des demandes populaires qui iraient à l’encontre de la pensée unique mondialiste montre tous les jours la rupture avec les élites.

Les peuples et leurs représentants nationaux retrouvent alors l’intérêt de prendre en main leur défense. Ils comprennent que leur indépendance et les promesses de sécurité ne peuvent se passer d’un effort national. C’est ce que fait, non seulement l’Allemagne avec son budget à 100 milliards d’Euros cette année, mais aussi tous les pays européens, chacun à son échelle et selon ses capacités. Le rêve fédéraliste est aujourd’hui l’assurance de la guerre avec la Russie, ce que le peuple français ne veut pas. Mais le peuple comprend que pour être libre et avoir la paix, il faut préparer la guerre. Cependant, il n’est pas prêt de risquer son avenir (malgré ce que croient une partie des élites) pour la sécurité d’un pays qui reste lointain et profondément corrompu.

La France va donc devoir renouer avec un effort de défense et un réarmement crédibles. Elle le peut si elle le veut et c’est ce que je crois. Faut-il encore que nos « élites » le veuillent également et pas seulement dans les discours.


Commentaires