CAPINT … une bonne idée ?

 


Vous connaissez pour ceux qui suivent régulièrement mon blog ma position sur les chars et en particulier sur le programme MGCS que j’ai copieusement brocardé. Vous serez surpris que je n’ai pas la même appréciation du programme CAPINT (capacité intermédiaire)

L’échec annoncé du SCAF (pour ceux qui voulaient ouvrir les yeux) devait en théorie entraîner la fin du programme MGCS. Dans les grandes lignes, les mêmes motifs allaient provoquer les mêmes échecs. Mais cette fois-ci, je pense que cela n’aura pas lieu, enfin pas exactement de la même manière.

En réalité, à la différence du SCAF, le programme MGCS ne s’appuie pas sur deux sociétés concurrentes mais sur un groupe KNDS. Et je cela est déjà une grosse différence. Les deux sociétés qui composent le groupe avaient un point en commun, elle n’était pas au sommet de leurs formes au moment de leurs fusions. KNDS ne vivait que du marché national et Krauss-Maffei Wegmann était en difficulté par rapport à Rheinmetall sur le marché européen. Ils devaient toutes les deux devenirs plus gros pour retrouvé des marges de manœuvres économiques si elles ne voulaient pas être avalé par leurs concurrent.

La seconde caractéristique du groupe c’est qu’il n’est pas en concurrence interne sur le marché. Les produits sont beaucoup plus complémentaire ce qui au contraire favorise les possibilités de ventes. Et surtout, chacun apporte sa brique dans un pot commun ce qui n’était pas du tout le cas dans le programme SCAF.

Alors, je dirais que le projet est mieux né, surtout qu’il laisse la marge de manœuvre interne suffisante comme au sein du groupe Thales par exemple, où chaque nation a gardé un degré d’autonomie. Et c’est ce qui c’est passé pour le CAPINT.

En 2024, à Eurosatory, le groupe présente le produit phare, le Leclerc évolution et le Léopard 2A8. Les deux projets n’étaient que des améliorations des chars existants pour les faire durer encore un peu. Mais déjà, il y avait l’EMBT ADT140 en présentation comme le futur Léopard 2 AX.

Les deux engins sont déjà sur des briques plus novatrices, en particulier dans des tourelles téléopérées, et le groupe français propose en plus un 140mm, ce qui en faisait le char le plus puissant actuellement en projet.

Entre temps, en Allemagne, le gouvernement lance le « char intermédiaire » pour attendre le MGCS qui viendrait hypothétiquement remplacer celui-ci en 2045/50. L’empressement allemand est logique car il y a une « menace » russe qui se dessine et il faut des chars performants et en nombre. Le Léopard 2 AX renommé Léopard 3 pourrait faire l’affaire.



En France, les députés s'inquiètent eux aussi du retard du programme MGCS et du risque de perte capacitaire face aux concurrents.

Le monde se réarme, il ne faut pas être en retard. Les anglais on lancer leurs Challenger3, les allemands le Léopard2A8 et le KF51 etc.

Mais l’arrivé du T14 à fait passer ses engins pour des concepts dépassé (ou presque). L’heure était à la tourelle télé opérée.

Alors, pour une fois, on est n’est pas en retard (mais attendons la suite…)Les européens ont suivi et en particulier KNDS qui proposait donc deux concepts. Les Américains ont proposé l’Abrams M11E3, le chinois le ZTZ100.

Et donc cette année, le CAPINT est la poursuite de cette évolution qui intègre des technologies matures ou sur le point de l’être et pourrait donc être industrialisé en 2030/35.

Pour un féru de char, le prototype est aguichant. De nombreux sites ont déjà donné toutes les caractéristiques et donc je ne reviens pas dessus. Je peux dire que même si j’y suis pour rien, le concept reprend une grande partie de mes idées sur la protection et les équipements à montés. Le 140mm ASCALON est lui aussi impressionnant. Même si je reste un partisan d’un char « employable » l’arme reste imposant. Il semble qu’il y est eu un effort pour réduire encore la taille des munitions par rapport au premiers obus présenté en 2024. Le convoyeur reste à 22 obus, ce qui est largement suffisant pour les missions de combat (les Russes comme les Ukrainiens ne mettent pas plus de 13 obus dans leurs chars).



Il y a eu des « grands » débats sur le châssis au sein de la communauté des blindés. Le choix du châssis du Léopard 2 ne m’enchante guère car il n’est pas tout jeune. On l’oublie, mais le prototype remonte à 1974 et a déjà 56 ans ! J’avais une préférence pour un châssis Leclerc modifié pour garder le savoir-faire, mais si l’on voulait fabriquer un nouveau châssis, il fallait se lancer sur 10 ans de test et d’évaluation.

Donc il fallait un châssis de char et le châssis allemand avait plusieurs avantage. Le premier est qu’il était facile à trouver car les Allemands en avaient produit plus de 3200 (alors que l’on avait produit moins de 800 de Leclerc, dont beaucoup sont en pièces). Cela permettrait de pouvoir produire plus de char CAPINT selon les disponibilités des châssis sur le marché Ce qui offre un autre avantage cette fois-ci pour l’exportation car les propriétaires de Léopard pourraient choisir la tourelle française pour rétrofiter leurs engins. Le char est plus léger (autour de 50 tonnes), ce qui améliore sa mobilité tactique et opérative, mais surtout est optimum pour les suspensions du char à barre de torsion. Même si elle est moins performante, les capacité du train de roulement est suffisant pour le combat que l’on mène. Le châssis est fiable et depuis le temps n’a pas de défaut connu. Alors pourquoi pas ?

Surtout que les Allemands ont compris qu’il ne fallait pas être obtus dans le cadre des exportations. La France vend hors d’Europe la majorité de son armement exporté. Pour des raisons politiques, l’Allemagne se privent de cette capacité qui pourrait s’ouvrir avec un CAPINT vendu à l’export par la France. Cette affaire pourrait être donc bénéfique pour tout le monde. C’est la base d’une bonne coopération !


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