Le président Zelensky a récemment envoyé une lettre au président Poutine lui « imposant » un cessez-le-feu couvert par l’Occident en échange de négociations La lettre publique, étonnamment arrogante pour une lettre diplomatique, a sans surprise été reçue de manière négative de la part du pouvoir russe.
Les Ukrainiens déclarent toujours qu’ils interceptent 90 % des drones et missiles qui frappent leur pays. Tout le monde prend pour l’instant cela pour « argent content » sans des études plus profondes sur la réalité de ses attaques.
Sur le front, les Ukrainiens ont lancé durant les mois d’avril et mai de multiples contre-attaques qui ont permis de reconquérir une partie du territoire de la « zone grise ».
Les analystes occidentaux expliquent la robotisation du champ de bataille, toujours du côté ukrainien, écrasent les Russes Ils expliquent aussi la faible activité des forces russes par le discours de Zelensky expliquant que les Russes perdent 15 à 20 000 hommes par mois et que l’armée russe est à genoux.
L’Occident annonce un soutien sans faille et toujours plus solide pour l’Ukraine, lançant une énième série de sanctions contre la Russie. Que l’économie russe est en faillite et que le pays est au bord de la crise économique.
Tous les signes donc sont en faveur d’une défaite russe et pourtant, j’émets un énorme doute sur ce qui est vu et surtout, sur ce qui est raconté.
La lettre de Zelensky est le signe le plus marquant qu’il y a un problème. L’Ukraine demande des négociations uniquement après un cessez-le-feu. Pourquoi ? Quand vous êtes en position de force sur le champ de bataille, vous voulez au contraire continuer à faire pression pour que l’adversaire cède à votre demande. La demande de Zelensky donc n’a pas vocation à faire pression mais envoie le signal qu’il a besoin de cesser le feu. De plus, il met comme caution l’Occident et les États-Unis qui sont dans les faits les ennemis de la Russie et une des raisons du conflit, ce qui garantissait l’échec de la lettre. Mais la lettre n’était pas destinée au Russe, mais au contraire à l’Occident. Il s’agissait de démontrer la volonté de l’Ukraine à négocier Cela démontrait surtout une faiblesse du pouvoir ukrainien.
L’interception de 90 % des drones et missiles paraît aussi bien prétentieux. Les experts ukrainiens envoyés au Moyen-Orient n’ont pas pu ou su empêcher les frappes iraniennes Les bilans des interceptions sont d’ailleurs très étranges Durant la semaine, c’est entre 81 et 88 % des drones qui sont abattus et quand il y a des attaques massives, ces chiffres montent à plus de 90, voire 95 %. Il y a là-dedans un mystère. Comment et pourquoi ce chiffre est-il aussi élevé quand il y a plus de 500 drones et missiles et plus faible quand il y en a moins de 300 ? Je pense que les chiffres d’interception sont faux. Certes, ils interceptent des drones et des missiles, mais il y a plus de projectiles qui atteignent leurs cibles. La chance des Ukrainiens est que la multitude de cibles et la faible puissance de destruction des drones type Geran (Shahed) expliquent la faiblesse des dégâts. Globalement, l’aide occidentale sauve le secteur énergétique, mais la question est de savoir si cela va suffire dans la durée.
Sur le champ de bataille, les offensives ukrainiennes ont reconquis un peu de territoire, mais aucune d’entre elles n'a abouti à une victoire stratégique. Seule Kupiansk a été reprise Le doute doit donc être émis sur la situation tactique. Il ne faut pas avoir de doute sur les pertes ukrainiennes, les Russes continuent de tirer plus d’obus que les Ukrainiens, ils ont aussi, d’après les Ukrainiens, plus de drones sur le terrain et ceux-ci frappent aussi très loin (à plus de 50 km).
Les pertes en matériels montrent d’ailleurs une sorte d’équilibre entre belligérants Si cela est lourd pour les Russes, cela est aussi très lourd pour les Ukrainiens qui ne peuvent pas accepter un tel équilibre dans la durée.
Quant à la crise économique en Russie, il est certain que les sanctions occidentales ont fait du mal à l’économie russe On sait que les Russes ont perdu la moitié de leurs réserves d’or et que la croissance cette année est à peine au-dessus de 1 %. Mais elle reste supérieure à l’Europe qui subit de plein fouet la guerre en Iran.
Reste donc à savoir qui a raison et qui a tort Il existe deux options pour la Russie d’un point de vue militaire. La première est de continuer cette guerre d’usure jusqu’au moment où les Ukrainiens cèdent. La seconde est une grande offensive qui bouscule le front et fait tomber l’armée ukrainienne.
Pour l’instant, la première option semble celle vers laquelle ils se dirigent. Mais la seconde option n’est pas impossible. Pour exemple, on sait de source occidentale que la production d’armes est bien plus importante que celle qui est perdue sur le champ de bataille. La différence pourrait justement faire basculer le champ de bataille.
Pour les Ukrainiens, la principale stratégie est d’user les Russes plus qu’ils ne vous usent Cette stratégie est dangereuse car l’ennemi reste puissant et inflige aussi des coups L’autre option est de voir basculer l’Occident dans la guerre. Mais le manque de volonté des peuples pour entrer en guerre fait craindre un blocage politique à toute intervention.
Combien de temps durera cette guerre ? Les deux belligérants semblent croire que la décision se fera avant la fin de l’année. Sans une surprise dans un des camps, la guerre risque fort de durer encore longtemps.
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