Bon point

 



Depuis que j’ai ouvert ce blog, j’ai souvent critiqué les choix et les directions pris par nos élites militaires comme politiques. Mais la critique est toujours facile, particulièrement quand on n’est pas en « responsabilité » (je déteste cette expression lol). Alors, il faut quelques fois aussi faire remonter les efforts qui ont été entrepris par le pays.

Les drones.

S'il y a un virage qui a été pris de manière visible, c’est celui de la prise en compte des drones dans le combat moderne. La DGA et le ministère en général qui avaient tendance à avoir des programmes d’armements très longs ont fait le choix ici d’ouvrir l’initiative même au bas échelon. L’avantage de la formule fut de voir apparaître de multiples solutions tactiques comme techniques apportant une expérience très intéressante pour l’armée. On peut dire que ces initiatives nous ont permis de réduire le retard que nous avions il y a seulement 4 ans. On peut citer la production de nouveaux drones d’observation, de drones filaires, le développement de drones longue portée, etc. Tout ceci nous permet de mettre nos industriels en état de produire très rapidement, si nécessaire, un grand nombre de drones.

Mais ce n’est pas seulement dans les drones qu’il y a eu des innovations. Mais aussi dans la lutte anti-drones. Outre les travaux sur les brouilleurs, il y a le développement de lasers, de radars, de systèmes optiques qui permettent de détecter et de détruire les drones. Il y a aussi l’affectation de fusil à pompe avec des munitions adaptées contre les FPV.

L’emploi du Tigre dans le Golfe Persique a permis de valider l’emploi du 30 mm et, dans un futur très proche, de roquettes guidées. La France n’est donc pas en retard technologique. La vraie lacune vient du nombre insuffisant de systèmes, mais pour l’instant, ce problème est compensé par la coopération avec d’autres partenaires.

La robotique terrestre fait aussi un bond Arquus, Thales et d’autres entreprennent de développer des robots terrestres aptes à de multiples missions. Si pour l’instant, les robots ne sont pas encore autonomes, l’IA promet que dans un avenir proche, un opérateur pourra commander 3 ou 4 robots en même temps.

L’artillerie

La rénovation de l’artillerie est le second gros chantier de l’armée. Là encore, l’État fait preuve de « pragmatisme » en limitant l’intervention de tiers États dans le programme. La situation internationale et les dernières prises de positions de certains de nos « alliés » imposent de se préparer à des renversements d’alliance. L’autonomie stratégique est donc, encore plus que par le passé, une nécessité. La France va renouveler ses canons Caesar en passant au Mk 2 Les LRU seront remplacés par une solution souveraine dont la DGA a effectué les premiers tests.

Il y a aussi le retour d’une capacité de frappe par missile balistique disparue depuis Hadès. Dans le domaine de la défense sol/air, se pose la question d’une augmentation du nombre de porteurs et de la diversification de la nature des missiles. Si nous ne sommes pas technologiquement dépassés, la difficulté de production et le nombre limité de porteurs restent les lacunes principales de notre défense sol/air.

Le renouveau blindé.

Le retard de 10 ans pris par le MGCS fait que nous ne disposerons pas de remplaçant du Leclerc avant 2045. Le choix d’un produit national comme char intermédiaire apporterait une continuation d’un savoir-faire technique fort utile en ces temps difficiles. Malgré les dires de nombreux « spécialistes », la réalisation d’un char n’est pas impossible. Marc Chassillan à l’école de cavalerie expliquait la possibilité de construire un char de 45 tonnes équipé d’une motorisation de 1200 ch composée de deux moteurs civils de 600 ch Il expliquait aussi qu’il n’était plus nécessaire de protéger les véhicules par des lourds blocs de blindage passif anti flèches.

Le 140 mm ASCALON sera l’arme principale du véhicule. Le choix d’un tel type d’armement permettrait aussi de compléter l’action de l’artillerie tout en disposant d’une arme puissante anti-infrastructure mais aussi antichar.

Il doit aussi y avoir le remplacement de l’EBG (engin blindé du génie) par l’EGC (engin du génie combat), un renouvellement de nos équipements de franchissement, de nos équipements NBC, etc.

Il n’y a pas eu, pour l’instant, de réflexion sur le remplacement du VBCI dans l’infanterie. La seule voie actuelle serait une revalorisation à mi-vie du véhicule.



L’armée donc est en pleine mutation. Si les budgets promis ne se voient pas de nouveau ponctionnés pour des raisons économiques, l’armée de terre 2030 sera une armée cohérente mais encore limitée par son volume. Il y a actuellement des réflexions sur l’armement des réserves et aussi leurs fonctions. Il y a le désire de faire de celle-ci des forces d’appoint pour garantir la souveraineté nationale contre les menaces intérieur. Mais peut-être qu'à plus ou moins court terme, il faudra réfléchir à un gonflement des effectifs d’engagés pour être en mesure de tenir dans la durée au conflit de demain.


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