image ministère de la défense
Au moment ou les ukrainiens comme les russes généralisent l'emploi des robots terrestres, la France poursuit le projet Pandragon de robotiques terrestres. La guerre est toujours un incroyable accélérateur de technologie. Souvenons-nous de la Seconde Guerre mondiale. Les belligérants commencent la guerre avec des avions, dont certains biplans, et finit avec des avions à réaction Il en est de même pour les chars où l’on commence avec une flopée de chars légers dont une majorité ne dispose que de mitrailleuses comme armes principales et l’on finit avec des monstres de 70 tonnes et plus équipés de canons de 128 mm.
La guerre en Ukraine engendre ce même phénomène. La course aux armements a vu l’explosion des drones aériens mais aussi des robots terrestres. C’est dans ce dernier domaine qu’il faut reconnaître que l’avenir se trouve.
Le conflit en Ukraine a montré qu’il était difficile, voire impossible, de survivre dans un environnement truffé d’artillerie, de mines et de drones. La moindre pose, le moindre repérage engendre une attaque. Les blindés en général sont détruits avant même d’arriver à la ligne de contact. Il faut pourtant retrouver de la mobilité et de nouveau manœuvrer pour gagner.
Mais comment manœuvrer dans un tel environnement ?
Il faut évoluer et s’adapter. Il est communément acquis qu’un problème tactique se résout en parti avec une solution technique. La guerre des tranchées a été résolue par l’arrivée du char. La guerre mécanisée par la couple obstacles/moyens antichars. Cela est certes réducteur, mais donne une image de la nécessité d’innover pour gagner.
Le robot, dans la définition du Larousse, a deux fonctions. La première fait des tâches répétitives et la seconde faire des tâches dangereuses. Dans les deux cas, il y a un intérêt à disposer de robots en temps de guerre.
Mais pour que le robot puisse se généraliser aujourd’hui, il a fallu qu’il soit économique. Loin du robot « hollywoodien », le robot terrestre moderne est mécaniquement simple et couplé à une électronique grand public Cela lui a permis d’enfin être introduit massivement sur le champ de bataille.
La leçon de cette guerre est justement est l’importance de la masse en raison du feu. Pour faire de la masse, il est nécessaire d’avoir des produits low cost dans l’armement. Le robot n’a d’ailleurs d’intérêt que s’il est économiquement rentable puisqu’il est conceptuellement « perdable ».
Et c’est ici qu’il y a un paradoxe par rapport au char. On demande au robot char qu’il soit aussi performant qu’un char habité. Mais c’est ici qu’il faut comprendre la complexité de la demande. Pour un char, il faut savoir gérer la mécanique, l’optique et l’optronique, les capteurs, les boîtiers de commande. C’est ce que fait un équipage. En plus, l’ordinateur devra gérer le terrain, l’environnement, les erreurs systèmes, les problèmes mécaniques et la liaison avec d’autres capteurs, eux aussi robotisés Quand on sait que le Léopard 2 A8 coûte 25 millions d’euros pièce, une version robotisée va voir les coûts exploser, ce qui pose la question de l’utilité d’une version robotisée.
Alors il faut trouver des solutions technologiques innovantes qui maîtrisent les finances tout en apportant ses capacités. C’est ici qu’intervient l’IA. Loin de complexifier les systèmes, l’IA peut apprendre à collaborer entre plateformes, elle peut réaliser des missions simples tout en étant économique.
Les nouvelles technologies des imprimantes 3D, les doubles numériques, l’aide à la conception collaborative, les évaluations numériques permettent de réduire les dépenses liées à la conception tout en évitant des surcoûts. Quand on sait qu’une partie importante du coût d’un équipement est liée aux brevets et aux recherches.
IL faudra s’accorder sur l’idée que le robot char futur devra être mécaniquement fiable et simple, il devra être facile à produire car il devra être endurant et perdable.
À quoi pourrait ressembler le robot ? Le moteur électrique est le moteur le plus fiable qui existe, en disposer pour la propulsion et la direction est une solution intéressante. Il faudra de l’électricité pour alimenter le véhicule, la question de l’hydrogène comme moteur futur se pose. Mieux que les batteries qui restent coûteuses en terres rares, les nouvelles piles à hydrogène sont plus économiques et demandent moins de matériaux stratégiques. De plus, dans un monde de plus en plus complexe, L'hydrogène est une source facile à disposer et qui correspond au besoin futur.
Avec une motorisation fiable, il faut que les autres organes soient aussi robuste. Le chargement de nuque par exemple est la solution la plus simple, la plus rapide et la plus sûre. On peut aussi penser à l’emploi de munitions télescopiques qui permettraient l’emploi de chambres rotatives. Dans tous les cas, il faut que le système ait le minimum de pièces et une grande fiabilité mécanique.
Non habité, le véhicule peut être plus petit, plus léger et plus facile à déployer. Il est alors possible d'imaginer un déploiement plus rapide et lointain voir des manœuvres téléopéré à distance.
Demain, nos armées s’exposeront à de multiples menaces qui deviennent de plus en plus difficiles à neutraliser. La société française est divisée sur le risque à prendre. Historiquement, la France s'est toujours concentrée sur la défense du territoire, aujourd’hui, il lui est demandé de se battre pour des territoires qui n’ont d'autre qualité que d’appartenir à l’Union européenne Le sacrifice ne sera pas accepté de la même manière. De plus, le risque ne faisant plus partie de notre société, il sera plus difficile d’accepter des pertes. L’avenir de la guerre va vers la robotisation de l’espace de bataille à l’image de ce qui se passe aujourd’hui en Ukraine. Cela ne fera pas tout mais il n’y aura de retour de la manœuvre que si l’on accepte un risque minimum. Le robot pourra rendre ce risque acceptable.

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