Et si le programme MGCS s’effondrait et qu’il nous laissait sans rien.. ou presque ? On pourrait facilement trouver des solutions nationales. KNDS France devrait par exemple sortir un char équipé du 140 mm qui aura effectué ses premiers tirs. Mais comme ceux qui suivent mon blog le savent, je ne suis pas « fan » de ce type d’armement, malgré les promesses. Les raisons sont multiples. Il y a la fin du duel entre chars qui sera désormais rare, mais aussi la masse d’intégration pour ce type d’arme qui impose un engin d’une certaine masse. En plus, il est difficile de le ravitailler sur le terrain et cela est incompatible avec le risque lié à la profondeur du champ de bataille moderne (40, voire 50 km de la ligne de contact). C’est une technologie hors de proportion par rapport aux cibles (blockhaus, point d’appui, tranchée, habitations etc) et à l’effet espéré.
Pour la lutte antichar, je le rappelle, deux révolutions majeures ont eu lieu : les missiles tir et oublie hors des vue et le drone. Pour la première fois, le char ne peut plus riposter. Il faut prendre cela en compte pour envisager le combat de demain. Le front se fige plus rapidement que l’on pense.
Comme on le voit en Ukraine, la mission du char a changé. 98 % de ses missions consistent en l’appui feu direct ou indirect. Et l’on sait aussi qu’actuellement 80 % des pertes sont dues aux drones. Le reste se répartit entre l’artillerie, les missiles, les mines et moins de 2 % sont le résultat de duels de chars.
Alors, pourquoi ne pas être cohérent et construire un vrai char d’appui feu ? L’engin serait peut-être un canon d’assaut moderne plus qu’un char. Le véhicule pourrait être armé d’un canon de très gros calibre, par exemple un 155 mm court. Cela permettrait de disposer immédiatement d’obus. Le canon pourrait être monté dans une tourelle ou une casemate, ce qui limiterait les coûts. L’avantage de la tourelle est qu’elle permet le tir dans toutes les directions et ceci, dans un espace clos comme les rues ou les postes enterrés.
L’angle du canon en élévation doit favoriser le tir indirect à plus de quinze kilomètres, mais aussi la possibilité de tir dans les parties hautes des immeubles. Il faudra une arme d’appoint pour les cibles moins protégées telles que la tourelle ARX 30 de 30 mm. Il pourrait en plus servir à la lutte anti-drone.
Ce canon devra transporter, dans un barillet de nuque de tourelle, environ 13 obus. Aussi peu d’obus ne permet pas un tir soutenu mais limite le risque d’explosion catastrophique. Ceci est particulièrement utile en zone urbaine.
Le point fort du concept est la puissance de l’obus. Un obus explosif tiré à courte distance est dévastateur pour tout type de fortification. Même les immeubles ne résistent pas longtemps à une attaque d’obus de 155mm. Une unité qui attaque à plusieurs une zone fortifiée pourrait assommer les défenses, favorisant ainsi les assauts de l’infanterie.
Si rien dans la guerre du futur n’est écrit, disposer d’un engin capable de neutraliser des défenses renforcées pourrait redonner de la vitesse à l’attaque et ainsi permettre aux armées d’exécuter des manœuvres plus rapides dans des conflits qui sont aujourd’hui figés.

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