Inadapté

 

Lors de l'exercice Hedgehog 2025 qui s'est tenu en mai dernier, un groupe de 10 opérateurs de drones ukrainiens a « touché » 17 véhicules blindés ennemis et a effectué une trentaine de frappes sur d'autres cibles en une demi-journée, démontrant ainsi que les armées de l'OTAN sont totalement impréparées à la guerre moderne.

Notre armée est dans un paradoxe tactique. Elle a fait des gros efforts pour adapter les unités à la guerre des drones, mais aussi à la guerre anti-drones. Mais d’un autre côté, la tactique employée est toujours basée sur une guerre de mouvement qui ne prend pas du tout en compte l’arrivée du drone dans la guerre moderne. L’OTAN n’a pas montré qu’elle avait pris en compte tactiquement la nouvelle menace.

Ainsi, pour un certain nombre de spécialistes, il suffit de 15000 soldats aux Russes pour écraser l’OTAN. Que signifie un tel chiffre ? Tout simplement, que les opérateurs russes de drones seraient capable d’infliger de telles pertes à l’OTAN que le nombre ne joue plus pour assurer la victoire.

En France comme en Europe, il n’y a pas de prise en compte de la présence des drones au combat dans la conception des engins de combats futurs. Résultat, on travaille encore sur des chars lourds équipés d’un canon de très gros calibre capable de détruire des chars à longue distance, mais qui par leur taille et le niveau de protection, sont incapable de résister à un assaut de drones. Il faut rappeler que les chars « tsar barbecue », par exemple, équipés de plaques de « blindage » supplémentaires, nécessitent 60 drones pour le détruire. Cependant, les Ukrainiens arrivent à en déployer autant.

Nos chars de combat ne sont pas meilleurs que les chars russes. Ils ne disposent pas d’une protection adaptée aux drones. Alors, croire que la situation sera différente avec des véhicules OTAN est faux. Croire que nous arriverions à manœuvrer dans un affrontement moderne est illusoire. Au contraire, nous serions rapidement paralysés par l’action des drones et nous serions obligés de combattre comme les Russes et les Ukrainiens.

Le problème est que le commandement ne va pas dans le bon sens. Tout le monde dans l’institution croit que la guerre de manœuvre est toujours possible et que surtout, cela donnera la victoire.

En 1940, l’armée française ne croyait pas en la coopération air-sol et surtout ne croyait pas en la puissance de l’aviation. L’armée ne s’est donc intéressée ni à la radio, ni à la coopération directe air/ sol. Le résultat fut une armée de son temps face à une armée qui avait une guerre d’avance. Cet avantage des Allemands ne disparaîtra qu’en 1943.

La France d’aujourd’hui est apte à la guerre d’aujourd’hui mais pas à celle du futur. C’est la même chose pour l’OTAN. Il nous faut une révolution dans les équipements comme dans la doctrine pour nous adapter à la guerre du futur. Mais il faut, pour cela, un changement dans les esprits des chefs.

Malheureusement, l’histoire a montré qu’il faut toujours une défaite pour que l’on se réveille. On doit juste espérer que cela ne soit définitif pour nous !

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