Cette photo provient d’un film produit par le ministère de la Propagande du Reich. Elle montre deux docteurs dans la salle de garde d’un asile non identifié. L’existence des patients dans la salle de garde est décrite ainsi : “La vie n’est qu’un fardeau.” De telles images de propagande avaient pour objectif de développer la sympathie du public pour le programme d’”euthanasie.” (https://encyclopedia.ushmm.org/content/fr/gallery/euthanasia-program-photographs)
Pour se faire une idée de ce que pourrait la légalisation de l’euthanasie pour des militaires, il est intéressant d’observer les cas canadien et belge.
Au Canada, il était prévu au départ (en 2016) que la loi autorisant l’euthanasie soit strictement encadrée et réservée aux malades ou handicapés faisant face à une « mort naturelle raisonnablement prévisible » (MNRP) (1). Mais dés 2021, l’accès à l'aide médicale à mourir a été ouvert aux personnes « atteinte d'une maladie grave et irrémédiable qui cause des souffrances intolérables », y compris les handicapés ou personnes souffrant d'une maladie chronique (1).
Ainsi, plusieurs anciens combattants canadiens se sont vus proposer l’aide médicale à mourir. Ce fut, par exemple, le cas de Corben McGown, jeune vétéran de 23 ans, que le service des Anciens combattants (VAC) a encouragé à recourir à l’« aide médicale à mourir », qu’on lui présentait comme la « meilleure option pour [ses] problèmes de santé mentale » (2). De même, Christine Gauthier, caporal à la retraite ayant des difficultés à obtenir les aménagements nécessaires à son handicap, s’est vu proposer d’en finir définitivement avec tous ses problèmes grâce à l’aide médicale à mourir (3) (4). Certes, les anciens combattants ne s’étant pas laissé faire (témoignages devant une commission d’enquête et dans les media, dépôts de plainte, etc), Anciens Combattants Canada a fini par condamner la pratique qui aurait été le fait d’un seul employé de l’administration (5). Mais ce verrou ne finira-t-il pas, comme tant d’autres dans les pays où l’euthanasie est légale, par sauter, lui aussi ? Surtout que la pratique de l’euthanasie permettrait à l’état, aux mutuelles, de faire des économies substantielles (6). Une fois l’euthanasie légalisée, combien de temps hésitera-t-on entre la prise en charge d’un ancien combattant handicapé ou traumatisé, ce qui a un coût certain, et l’ «aide médicale à mourir » ? Combien de temps hésitera- t-on à administrer cette fameuse « mort miséricordieuse » vantée par les Nazis (7) ?
Que dire du cas de la Belgique où l’euthanasie devait, là aussi, être strictement encadré pour éviter les dérives. Peuvent maintenant demander l’euthanasie tout
« Patient majeur ou mineur émancipé dans une situation médicale sans issue, qui est dans un état de souffrance physique ou psychique constante et insupportable ; qui ne peut être apaisée et qui résulte d’une affection accidentelle ou pathologique grave et incurable »(8)
ainsi que tout
« Patient mineur doté de la capacité de discernement dans une situation sans issue, qui est dans un état de souffrance physique constante et insupportable ; qui ne peut être apaisée, qui entraîne le décès à brève échéance et qui résulte d'une affection accidentelle ou pathologique grave et incurable. » (8)
Il est d’ailleurs intéressant de noter que les arguments compassionnels mis en avant par les partisans de l’euthanasie sont les mêmes que ceux utilisés par la propagande nazie : offrir aux personnes souffrantes une mort leur évitant une vie difficile, épargner aux malades des souffrances, proposer une mort « clémente », certaines vies qui ne seraient pas dignes d’être vécues (9). A ce sujet, le document de Pierre Jova, « Euthanasie et Nazisme : accorder une mort clémente », est édifiant. Il est disponible sur internet, mais jusqu’à quand ? Puisque le projet de loi sur « l’aide médicale à mourir » contient un «délit d’entrave » qui comprendrait le fait « d'empêcher ou de tenter d’empêcher de pratiquer ou de s’informer sur l’aide à mourir par tout moyen, y compris par voie électronique ou en ligne (…)" (10), délit punissable de 2 ans d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende.
« Le Reichsleiter Bouhler et le docteur en médecine Brandt sont chargés, sous
leur responsabilité, d’étendre les attributions de certains médecins à désigner
nominativement. Ceux-ci pourront accorder une mort miséricordieuse/
clémente (Gnadentod) aux malades qui auront été jugés incurables selon une
appréciation aussi rigoureuse que possible.
Signé A. Hitler », Führer Order, 1er septembre 1939. (11)
L’Enfer est pavé de bonnes intentions...
(1) https://www.lepoint.fr/monde/loi-sur-la-fin-de-vie-au-canada-le-difficile-encadrement-des-derives-30-05-2024-2561585_24.php
(2) https://genethique.org/euthanasie-un-jeune-veteran-canadien-porte-plainte/
(3) https://www.youtube.com/watch?v=7sFq8p8l8bk
(4)https://publications.gc.ca/collections/collection_2025/parl/xc78-1/XC78-1-2-451-9-fra.pdf
(5) https://public.cdn.cloud.veterans.gc.ca/pdf/about-vac/who-we-are/department-officials/minister/briefing/may8-2024/4-maid-fr.pdf
(6)https://www.lepoint.fr/postillon/l-euthanasie-permettrait-d-economiser-1-4-milliard-d-euros-par-an-08-02-2025-2581832_3961.php#:~:text=%C2%AB%20L'euthanasie%20permettrait%20d',milliard%20d'euros%20par%20an%20%C2%BB
(7)https://www.soinspalliatifs.be/euthanasie.html
(8) « Euthanasie et Nazisme : accorder une mort clémente », Pierre Jova
(9) Ibid., pp. 3-8
(10) https://www.lafindevie.fr/glossaire/delit-dentrave
(11) « Euthanasie et Nazisme : accorder une mort clémente », Pierre Jova., p.2

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